Drones de livraison, entre compagnies américaines et le marché européen: une distanciation stratégique.

Dans l’histoire contemporaine du drone de livraison, le premier pays à disposer d’une solution fonctionnelle fut le Rwanda en 2016.

Les drones utilisés pour parachuter des poches de sang sont conçus et assemblés au siège de Zipline à Half Moon Bay, en Californie. Il effectue aujourd’hui ses livraisons au Ghana et toujours au Rwanda, mais pas un seul de leur vol n’avait été réalisé en Amérique si ce n’est que récemment depuis leur partenariat avec Wall-Mart.

Le géant de la grande distribution s’est aussi allié avec Flytrex pour endurcir et différencier sa stratégie du dernier kilomètre reposant sur le drone. Ces drones opérateurs commencent a pénétrer le marché américain, après s’être exercés en Afrique.

D’après les dernières nouvelles, aucun plan annoncé pour procéder à des livraisons en Europe.

Cette configuration pourrait nous faire croire que la quasi absence de législation en Afrique, une plus accueillante en Amérique et une dernière stricte en Europe est la cause d’un tel modèle. Cependant, cette configuration n’est pas seulement le fruit des législations, mais bien des méthodes de livraison proposées par ces compagnies et leur actuel manque de flexibilité.

Le système de livraison par drone en occident aurait pour bénéfice de soulager le trafic urbain et augmenter la fréquence des services de livraison pour satisfaire la demande toujours plus importante. Une nouvelle expérience de livraison est alors en jeu. Le consommateur pourrait recevoir son colis quand il le souhaite tout en diminuant son empreinte carbone. De plus, le marché mondial des drones de 14 milliards de dollars en 2018, passera à plus de 43 milliards de dollars en 2024, avec donc un TCAC de 20,5. L’attraction financière et les avances technologiques existent pour que nous bénéficions d’un service logistique basé sur des drones automatiques.

Cependant nous n’avons toujours pas de drones pour nous livrer, et Zipline tout comme Flytrex (bien qu’ayant effectué ses tests en Islande) n’ont pas d’entrée sur le marché européen…
Il se pourrait que le succès d’un service de livraison ne repose pas uniquement sur la quantité de drones capables d’aller d’un point A à un point B, mais de la façon dont le vol est opéré et son contexte.

Le marché Européen du drone est au point mort à cause des méthodes de livraisons proposées alors que la législation, elle est avant-gardiste.

Pour en revenir à Zipline et Flytrex (ou encore Google wings en Australie), le parachutage de colis par voie aérienne est interdit sur le sol européen ((EU) 2019/947, Article 4). Il est envisageable, mais à titre exceptionnel (article 5 — s’inscrivant dans la catégorie spécifique propice aux drones de livraison) de réaliser un largage par un fil.

Le fait est que les Etats-Unis ne distinguent pas de catégorie de vols ni méthode ou usage, sous la juridiction de l’article 107 mis en place en 2016 , la FAA facilite drastiquement l’accès au opération commercial impliquant des drones.

🗽 Voici quelques rappels clefs de la souplesse Américaine :

1. La substitution d’une licence de pilote, précédemment obligatoire pour l’opérateur de vol, par un test de connaissance aéronautique administré par la FAA.

2. L’obtention d’un certificat certifiant la compréhension et capacité d’utiliser small Unmanned Aircraft Systems (sUAS) (petits systèmes d’aéronefs sans pilote)

3. Se tenir aux limites d’opérations imposées : voler en dessous de 400 feets (122 mètres), le drone ne peut pas peser plus de 55 pounds (25 kg). Le drone doit être constamment physiquement visible par l’opérateur (VLOS), les vols de nuit et voler au-dessus d’individus sont interdit. Dernièrement l’opérateur dois enregistrer son drone sous le registre de la FAA et rattacher sa mission à un contrôleur de trafic aérien.

Cette ouverture législative entraîne de nombreux tests et opération commerciales : d’où l’engouement du drone en Amérique. Pourtant, le manque de diversité des législations américaines entraînent ces entreprises à s’enfoncer dans la conception de méthodes et d’usages opérationnels impraticable en Europe, et qui pourrait aussi bientôt être interdit aux US une fois que la législation aura gagné en maturité.

La législation européenne est quant à elle composée de 23 Articles, découpant le domaine en secteur d’activité. Cette législation plus dense et complexe, bien que nous retrouvons certaine donnée similaire. L’Europe nous offre une législation plus mature en permettant aux drones les Vtol BVLOS (Beyond Visual Line of Sight) de survoler une assemblée de personnes dans la catégorie certifiée, faisant la différence entre espace aérien contrôlé et non contrôlé ainsi qu’un espace aérien urbain par rapport à un espace aérien rural; ou encore les opérations transfrontalières…

En tant qu’opérateur de drone, chez Hdrones, nous élaborons plusieurs systèmes de livraison par drone que nous confrontons à la législation.

Notre système se doit d’être efficace, financièrement attractif, durable et surtout conforme aux législations. Il est compliqué de construire une architecture de livraison, retrouvant les caractéristiques citées, dans un environnement incertain et en manque de maturité. En absence d’organisation ces entreprises ne sont pas vouées à se développer en Europe. Il n’est donc pas étonnant que pour l’instant aucune entreprise américaine n’aie engendré de partenariat avec des retailers européens.

D’un autre côté, les retailers européens ne semblent pas encore sur le sujet. Aucune démonstration ou prise de participation financière n’a encore été annoncée. Pourtant, les opérateurs et constructeurs sont déjà présents sur le marché et capable de présenter demain, une méthode de livraison autonome viable.

La souveraineté européenne dans le domaine du drone commercial s’impose lentement à travers une législation rigide, mais diverse et un esprit organisé, mais compétitif.

Actuellement, la plupart des drones s’appuient sur le GPS, qui a une précision limitée d’environ 10 m sans technologie corrective.

L’attractivité européenne est peu discutable. Il est beaucoup moins coûteux d’exploiter une flotte de véhicules aériens sans pilote qu’une flotte de véhicules terrestre (D’Andrea R. 2020).

Cela coûte 10 cents pour livrer un colis de 2 kg sur près de 10 km à l’aide d’un drone. Beaucoup moins cher que les 2 à 8 dollars par colis sur le sol américain qu’il en coûte aujourd’hui à Amazon !

Sur le sol européen le coût d’une livraison en utilisant le transport terrestre pour les livraisons sur ce “dernier kilomètre” peut doubler dû au cout à l’embauche plus important et aux infrastructures plus couteuses.

Pour conclure,

Face à ses récents mouvements, bien qu’encore au stade de développement, la livraison par drone frappe à nos portes, particulièrement à celle des Américains. Amazon, Walmart, UPS, DHL, Google ….. Ou sont les Européens dans cette course ou le gagnant raflera la mise et toute la mise !

✔ Vous êtes retailer ? Quels étapes pratiques pour mettre en place la livraison autonome par drone. C’est demain et avec Hdrones que nous pouvons co-construire la livraison par drone en Europe.

Retrouver notre article sur la légistation Européenne ici >>>>>

Drones delivery company here to built a better futur and give some insight of it.

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